   
> Presse Christian BARTHELEMY : Nous serons présents aux municipales de 2008
Que répondez-vous aux sollicitations des responsables de l'UMP qui vous « ouvrent les portes » ?
Officiellement, je n'ai pas été sollicité, mais j'ai pris connaissance, avec intérêt, des déclaration de certains responsables lyonnais de l'UMP. Elles vont dans le bon sens dans la mesure où ils reconnaissent notre existence politique. Mais lorsqu'ils proposent de nous absorber au sein de l'UMP, je réponds que ce n'est ni réaliste, ni efficace.
« Charles MILLON reste notre leader »
Pourquoi est-ce irréaliste et inefficace ?
La situation politique à Lyon est spécifique. Il y a trois familles à droite : l'UMP, l'UDF et les millonistes. En mars 2001, nous étions largement en tête des mouvements de droite avec plus de 23 % des suffrages. Pour reconquérir Lyon et le Grand Lyon, il faudra que ces trois forces s'additionnent le moment venu. Je ne sais si ce rassemblement s'opérera au premier ou au second tour, mais en attendant, il faut que chacun mobilise autour de ses convictions.
Vous dites donc « non » à une fusion avec l'UMP ?
Nous n'avons pas vocation à nous fondre au sein d'un mouvement politique que nous respectons par ailleurs. Nous souhaitons conserver notre autonomie de pensée et d'action tout en consolidant les liens avec nos partenaires. C'est pourquoi j'ai proposé à l'UMP de constituer des intergroupes à la ville comme à la communauté urbaine. J'attends la réponse avec confiance.
Vous refusez la main tendue ?
Nous disons «oui » à une meilleure coopération, mais nous disons « non » à une fusion absorption qui serait négative pour l'ensemble de la droite. Ne répétons pas les erreurs commises lors des élections régionales.
Qu'est-ce qui vous différencie de l'UMP ?
Notre spécificité est triple : un positionnement politique clair fondé sur les valeurs de la droite, une indépendance à l'égard des partis politiques qui ont abandonné leur mission originelle, un projet original et ambitieux pour la ville et pour l'agglomération.
Ce projet pour la ville est-il toujours d'actualité ?
En 2001, notre projet a été bien accueilli par les lyonnais. Nous l'actualisons en permanence en tenant compte des réalisations qui s'opèrent et des nouveaux besoins qui s'expriment.
Vous êtes donc sur la ligne de départ pour les municipales de 2008 ?
Nous serons présents d'une façon ou d'une autre. C'est pourquoi nous nous mettons en ordre de bataille dès aujourd'hui. J'ai été mandaté pour définir et mettre en oeuvre les modalités de notre organisation dans les neuf arrondissements de la ville.
Charles MILLON a-t-il vocation à conduire votre projet ?
Charles MILLON reste notre leader et notre président du groupe même si ses fonctions d'ambassadeur auprès de la FAO lui imposent un devoir de réserve. Je suis incapable de dire aujourd'hui ce qu'il fera en 2008 mais, à titre personnel, je souhaite qu'il soit en mesure de mettre son expérience d'homme d'Etat et son dynamisme au service de la reconquête de Lyon et de l'agglomération.
Le maire de Lyon « manque d'audace et d'ambition »
Ne faites-vous pas le jeu de Gérard Collomb ?
Depuis 4 ans, à la ville comme à la communauté urbaine, notre groupe a fait preuve d'une réelle pugnacité. Nous allons continuer à jouer ce rôle avec détermination mais sans agressivité. Le bilan de mi-mandat que nous avons publié récemment démontre que nous sommes la principale force d'opposition à Gérard Collomb.
Que reprochez-vous au maire de Lyon ?
Je lui reproche tout d'abord son manque d'audace et son manque d'ambition. Ses mandats lui confèrent pourtant une légitimité pour prendre des initiatives fortes, susceptibles de fédérer les collectivités et de faire émerger une identité politique à l'échelle de l'aire métropolitaine.
Le débat sur la directive territoriale d'aménagement était l'occasion de s'affirmer face à l'omnipotence de l'Etat. L'occasion est ratée.
Je pourrais évoquer aussi le déficit de démocratie interne, le manque de concertation avec les Lyonnais -le problème du stationnement en est la parfaite illustration-, l'incapacité à réaliser le plan de mandat, l'augmentation de la fiscalité en 2002 ou encore le manque de rigueur dans la gestion des dépenses de fonctionnement.
Recueilli par Elisabeth Chambard
     
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