Lors des débats budgétaires au conseil municipal de Lyon ou au conseil de la communauté urbaine, au nom des élus millonistes, je plaide inlassablement pour une réduction drastique des dépenses de fonctionnement des collectivités territoriales, estimant que celles-ci doivent prendre une part active à la nécessaire baisse de la dépense publique dans notre pays.
Aujourd’hui, la situation est inquiétante dans bon nombre de collectivités. Mais la palme de l’inconséquence revient à la région Rhône-Alpes dont les dernières décisions, venant après une hausse de la fiscalité, constituent un défi au bon sens et une provocation à l’égard de nos concitoyens dont beaucoup sont confrontés à la précarité, au chômage ou à la baisse de leur pouvoir d’achat.
Comment, en effet, justifier la décision de la construction d’un nouvel hôtel de région, pour un coût équivalent à celui du budget culturel de cinq années, alors que des investissements importants ont été réalisés sur le site de Charbonnières dans la perspective du maintien de l’institution sur place ?
Comment, en effet, ne pas s’insurger devant l’évidente inutilité de l’édition d’un nouveau logo, dont la qualité n’est pas avérée et le coût exorbitant (73.000 € pour la réalisation et 2,4 millions d’euros pour la communication), alors même que l’ancien commençait tout juste à entrer dans les mémoires ?
Ces somptuaires dépenses régionales, prises évidemment avec l’arrière pensée de faire table rase de l’époque où Rhône-Alpes se développait et innovait sous l’impulsion de Charles Millon, confirment que la gauche a une conception élastique de l’utilisation des deniers publics. Par ailleurs, elles contribuent à discréditer un peu plus les acteurs politiques et à freiner le processus de décentralisation.