Ce fut laborieux, mais c’est signé. Dominique Perben et les élus proches de Charles Millon ont confirmé hier l’accord conclu pour les municipales.
«Il n’y a plus qu’un chef de file pour la droite à Lyon», résume Amaury Nardone, conseiller municipal qui avait pris une part très active dans la campagne de 2001, aux côtés de Millon. Un scrutin au cours duquel une partie de la droite républicaine avait refusé de s’allier à celui qui assumait son entente avec le Front national, en 1998, pour garder son fauteuil de président de la région Rhône-Alpes... (photo : Félix Ledru)
Les tractations ont été très longues. Les millonistes faisaient parfois monter la pression en annonçant publiquement leur départ en campagne. Les frictions portaient (un peu) sur le programme, et (beaucoup) sur la tête de liste du VIe arrondissement, où les relations entre la maire milloniste et les élus UMP sont exécrables. Sur le programme, les proches de Millon ont imposé une «stabilisation fiscale à Lyon» – ce qui ne veut pas dire que les impôts n’augmenteraient pas au Grand Lyon, la communauté urbaine. L’accord signé, les responsables millonistes se montrent dithyrambiques sur leur nouveau patron. «Nous avons découvert Dominique Perben bien au-delà des clichés qui sont véhiculés le concernant, roucoule Denis Broliquier. Il a une carrure, une dimension d’homme d’Etat, une hauteur de vue, la capacité de voir loin. J’ai retrouvé chez lui des accents de Raymond Barre, de Giscard d’Estaing et de Charles Millon.» N’en jetez plus.
Le nouveau chef de file a été présenté, hier matin, aux militants millonistes. Des troupes organisées et motivées qui avaient participé à la campagne impressionnante de Charles Millon en 2001, et qui seront précieuses pour Dominique Perben. «Nos équipes étaient prêtes à partir derrière une liste autonome. Elles piaffent de partir en campagne. Ça va déménager», promet Denis Broliquier. Selon lui, l’accord représente un «tournant décisif». Dominique Perben parle pour sa part d’une situation carrément «historique». Il martèle que «la droite n’avait pas été unie à Lyon depuis vingt ans».
«Amitié». En réalité, la situation lyonnaise est pour l’instant exactement semblable à celles de 1989 et 1995, lorsque les premiers tours avaient vu s’affronter en primaires gaullistes et centristes. Car Dominique Perben n’a pour l’instant rassemblé que sur sa droite. Il a signé avec les proches de Charles Millon, avec ceux de Philippe de Villiers – ce qui ne contribue pas, pour le moins, à gauchir son image.
Avec l’UDF de François Bayrou, cela reste plus compliqué. Le candidat UMP insiste beaucoup ces temps-ci sur sa «prise en compte de la réalité humaine et sociale», pour rassurer les centristes. Il répète régulièrement toute «l’amitié» et «la confiance» qu’il a pour Michel Mercier, président de l’UDF dans le Rhône. Seulement voilà. Les nombreux nouveaux militants du parti de François Bayrou ont obtenu de choisir leur tête de liste. Beaucoup, parmi eux, viennent de la gauche, et ne tiennent pas à ramer aux côtés de Dominique Perben. Surtout depuis qu’il a pris dans sa barque villiéristes et millonistes.
Ol.B.Libération du 16/11/2007






Charles Millon : son parcours









