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> Archives Erick ROUX de BEZIEUX : Renforcer les liens d'amitiés avec le Liban
Monsieur le Maire, mes chers collègues,
Depuis le début de ce mandat, nous votons chaque année, à la ville comme au Grand Lyon, des dossiers de coopération décentralisée avec le Liban. Et c'est pour les membres de mon groupe une véritable joie de constater que nous n'oublions pas ce peuple avec qui la France a tant partagé.
Une France qui a malheureusement oublié depuis quelques années qu'elle a, vis à vis du Liban et des libanais, beaucoup plus qu'un simple devoir de mémoire.
Et pourtant, les libanais gardent pour notre pays, considéré comme frère, une affection soutenue. Alors, Monsieur le Maire, ces aides, répétées, de Lyon, au travers d'échanges universitaires, d'aides dans le domaine de l'eau ou, tout simplement, de présence sur le terrain dans le domaine culturel, sont pour ce peuple un témoignage que nous ne renions pas notre passé et que nous savons accompagner le présent.
Mais vous le savez, Monsieur le Maire, la joie peut très vite se teinter d'amertume. Je voudrais vous parler d'un village situé à quelques kilomètres de Beyrouth, dans la montagne. Ce village a pour nom Deir El Quamar, classée en 2003 au patrimoine Mondial de l'Unesco. C'est la capitale des chrétiens du Liban, un peu aussi la capitale de la résistance passive, dans un pays sous occupation syrienne.
Le maire de ce village a pour nom Dory Chamoun. Un nom teinté d'histoire au Liban. Frère de Dany Chamoun, assassiné avec toute sa famille. Victime d'une guerre de religion dont on mesure quasi quotidiennement aujourd'hui les désastres qu'elle provoque. Fils de Camille Chamoun, le dernier président d'un Liban multiconfessionnel. D'un Liban libre.
La ville de Lyon a signé avec Deir El Quamar un jumelage sous le précédent mandat. Raymond Barre estimait en effet que Lyon, et plus particulièrement le 6ème arrondissement, avait un rôle à jouer auprès des populations de la montagne qui avaient tant souffert durant la guerre. Un an après votre élection, Dory Chamoun était à Lyon, reçu par Jean-Michel Daclin, lequel lui réaffirmait la volonté de Lyon d'être encore à ses côtés. Et depuis, rien. Ou plutôt un courrier, daté de janvier, dans lequel Jean-Michel Daclin répond que nous aidons, je cite "en priorité les villes avec lesquelles Lyon ou le Grand Lyon coopère sous l'égide d'une convention."
Je vous parlais d'amertume, Monsieur le Maire, c'est celle de s'apercevoir que ma ville renie sa signature.
Que demandait Dory Chamoun ? Peu de choses... La présence de Lyon comme invité d'honneur au Estivales de Deir El Quamar. Trois mois de fêtes, de culture, de théâtre, de musique, qui rayonnent sur toute la plaine de Beyrouth. Elle demandait aussi le don d'une broyeuse de branches et de feuilles et d'une nacelle élévatrice dans le cadre des matériels réformés de la ville ou du Grand-Lyon. Elle souhaitait enfin une introduction auprès de la Générale des eaux, avec qui le Grand Lyon a des accords pour l'aide aux villes les plus démunies, pour l'installation de compteurs d'eau. Introduction assortie, si possible, d'une aide matérielle. L'eau, une denrée rare dans les montagnes libanaises.
Trois demandes légitimes dans le cadre de jumelages dépendant de la coopération décentralisée. Et un non, sec. En quelques lignes, regrets et formules de politesse comprise. Je comprend que Lyon ne puisse aider tout le monde, mais comme le notait fort justement Jean-Michel Daclin dans son courrier, la priorité doit être donnée aux villes avec qui nous sommes liés...
Nous voterons donc ce dossier car nous aimons le Liban tout en vous demandant solennellement, Monsieur le maire, que cette signature, qui nous engage tous ici, soit à nouveau respectée. Et que très vite, Lyon reprenne pied dans les montagnes de Beyrouth et à Deir El Quamar.
     
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