   
> Presse Lyon Figaro : Débat sur les violences urbaines
Conseil municipal Les élus lyonnais ont débattu en séance du conseil municipal de la situation des banlieues. Comme la veille en communauté urbaine. Mais les propos tenus n'ont pas été tout à fait les mêmes.
Est-ce le fait que ce débat soit intervenu après l'allocution télévisée du président de la République ou que la séance publique du conseil municipal soit retransmise sur l'antenne de TLM ? Toujours est-il qu'à vingt-quatre heures d'intervalles après une discussion identique lundi soir en séance du conseil de communauté urbaine (lire Le figaro Lyon du 16 novembre), les propos entendus mardi dans l'enceinte de l'hôtel de ville ont permis de relever quelques nuances. Sur le fond et sur la forme. Intervenant le premier, le maire de Lyon a estimé que « la seule réponse policière ne saurait suffire, même si elle est indispensable ». Et de défendre la politique mise en place dans les quartiers de Lyon ainsi que dans l'agglomération afin de permettre une meilleure mixité sociale. « Il ne faut pas mener des opérations homéopathiques », a estimé Gérard Collomb pour qui le devoir des élus est de « reconstruire le vivre-ensemble ». Gérard Collomb a livré en réflexion la comparaison de deux situations : Celle de 1981 qui avait vu depuis Vénissieux se lancer la marche des beurs. « Ils réclamaient la nationalité française. Aujourd'hui on brûle les voitures pour dire qu'on ne reconnaît pas qu'on est français. C'est un échec collectif grave, un échec de la nation ». A la différence de son discours au Grand Lyon, Gérard Collomb n'a fait aucune allusion à la responsabilité du gouvernement et des politiques conduites. Les intervenants des groupes de sa majorité s'en sont chargés. Pour l'UMP, Patrick Huguet, après avoir salué le travail des forces de sécurité, a félicité Gérard Collomb pour la modération de ses propos, et raconté ses expériences des quartiers au travers de son activité professionnelle au Samu. « Ces troubles sont le fait d'une minorité d'agitateurs », a-t-il estimé. Et demandé qu'on « lève le tabou » pour obtenir tous les chiffres de l'intégration, de l'insuffisance du traitement pénal des infractions constatées. « C'est Chirac et Villepin qui sont au pouvoir » lui a rappelé Gérard Collomb. Alors qu'arrivait Charles Millon, Amaury Nardone a, lui aussi félicité Gérard Collomb pour sa modération mais regretté que les propos du maire n'aient « pas été marqués du sceau de la modestie ». Un reproche pour trop appuyer sur l'exemple des politiques lyonnaises. Marquant à plusieurs reprises sa convergence d'analyse avec l'orateur de l'UMP, le président du groupe UPL a estimé qu'on assistait à « l'échec du modèle social français ». Avant d'inviter ses collègues à lever une contradiction : « Tarir les sources d'immigration passera par la délocalisation de nos entreprises a-t-il lancé. »
Si Gilles Buna pour les Verts a cité Lénine, l'élu n'a pas réclamé la démission de Nicolas Sarkozy comme son collègue écologiste la vieille. L'adjoint à l'Urbanisme a réclamé que « l'on sorte des politiques d'exception que sont les mesures de la politique de veille pour entrer dans le droit commun », pour ces quartiers. Quant à Patrice Beghain, intervenant au nom du PS pour qui , le gouvernement ne saurait s'exonérer de ses responsabilités » il faut « refonder le pacte républicain » . « Si l'état n'est pas assez responsable, nous le serons pour deux », a-t-il affirmé déclarant que la sécurité doit revenir « sans provocation inutile et avec des moyens ordinaires ».
Article de Lyon Figaro du 18 novembre 2005
Par Frédéric Poignard
     
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