   
> Presse Lyon Figaro : La relève Milloniste
Un nouveau tandem pour préparer le projet municipal, Amaury Nardone présidera désormais le groupe milloniste au conseil municipal et Denis Broliquier l'association Unir pour Lyon.
Tous deux ont présenté hier leur « nouvelle feuille de route » destinée à les conduire sur le chemin de 2008. Réaffirmation du leadership de l'opposition municipale à Gérard Collomb et élaboration d'un programme municipal seront les deux facettes d'une action destinée à remobiliser l'ensemble des forces qui avaient suivi Charles Millon en 2001.
« La reconquête municipale ne pourra fonctionner que si l'on additionne toutes les forces de droite car ce n'est pas dans la dilution qu'on arrive à un résultat électoral », martèlent-ils, égratignant au passage Dominique Perben.
« Nous allons mener l'opposition à 130 à l'heure, pas à 115 ». La phrase d'Amaury Nardone pourrait résumer à elle seule la philosophie dans laquelle se situent les élus du groupe de Charles Millon. Ils ont présenté hier leur nouveau dispositif pour préparer la reconquête de la ville de Lyon. Avec à sa tête un tandem composé d'Amaury Nardone qui sera chargé de présider le groupe Unir pour Lyon au conseil municipal, fort d'une vingtaine d'élus, et de Denis Broliquier. Le maire du 2ème arrondissement présidera l'association Unir pour Lyon avec les équipes de Charles Millon chargées de préparer le projet municipal. Exit donc Christian Barthélémy désireux de « prendre du champ pour raisons professionnelles », a expliqué Amaury Nardone. Il conservera toutefois la présidence du groupe milloniste au conseil de communauté urbaine.
Changement des têtes, mais continuité dans les idées, les élus millonistes dont le chef spirituel, même à Rome, reste toujours président en titre du groupe municipal, ont établi une feuille de route destinée à conduire les troupes sur le chemin des élections municipales. Cette feuille de route établit quatre postulats, l'absence d'un leadership naturel de l'opposition lyonnaise, une bonne perception de l'action d'opposition et dans les conseils d'arrondissement, une légitimité issue des résultats de 2001 mais également de l'aspiration des Lyonnais à être représentés hors le cadre partisan et que la reconquête passe par l'affirmation de l'autonomie des forces de droite et leur capacité à se réunir. La feuille de route assigne trois « missions » : renforcer le rôle d'opposants à la politique de Gérard Collomb, affirmer la singularité politique par l'élaboration de propositions d'alternance et enfin rassembler les soutiens. Le moyen passe par « la remobilisation de l'ensemble des forces de 2001, il faut remettre en ordre de marche ces milliers de personnes dans l'objectif de battre Gérard Collomb », a exposé Denis Broliquier qui souhaite montrer au travers de l'association et des prochains mois qu'il « existe une politique alternative à Lyon ». Et Amaury Nardone de rappeler qu'en 2001 la liste sur laquelle il figurait, conduite par Charles Millon, était celle qui avait le plus travaillé le projet municipal. Les capacités de travail sont intactes, assure Denis Broliquier, mettant en avant le travail effectué sur le terrain et la matière grise mise au service de la préparation du programme. « Et nous sommes décontractés car notre seul enjeu, à la différence de tous les autres candidats à la mairie, ce sont les élections municipales. Nous faisons le boulot pour Lyon et aucune échéance intermédiaire ne viendra polluer cet objectif », a ajouté Amaury Nardone. L'ancien vice-président du conseil régional a ainsi rappelé une constitution des équipes en 2001 en dehors des clivages partisans nationaux. « En 2001 nos équipes et nos électeurs venaient d'horizons différents, centristes, libéraux, gaullistes et se sont reconnus dans notre projet ». L'objectif reste donc pour eux de « proposer un projet alternatif, innovant, costaud, capable de rassembler la droite et de passionner les Lyonnais ».
Cette stratégie de conquête passera également par une phase d'opposition affirmée, faisant valoir leur place de première force de droite par leur importance numérique, en nombre d'élus à la tête de deux arrondissements et associés à la direction d'un troisième. Ou encore le bilan critique de l'action de Gérard Collomb rédigé pour la mi-mandat, Amaury Nardone rejette toutefois la volonté d'afficher une opposition stérile. Citant en exemple l'installation des Vélo'V qui figurait dans le programme de Charles Millon « de manière différente », ou le récent vote au Gran-Lyon sur le contournement ferroviaire de l'agglomération. « Nous n'avons pas voté sur injonction ministérielle, voter avec la quasi-totalité des groupes et avec Gérard Collomb ne nous a pas gênés car nous tenons à notre indépendance et beaucoup d'électeurs aspirent à être représentés en dehors du cadre politique partisan ». Il y a plusieurs mois, Dominique Perben avait invité les troupes millonistes à se rallier à sa candidature municipale. Hier, Amaury Nardone et Denis Broliquier ont définitivement rejeté cette main tendue. Si l'élu du 9ème arrondissement s'est étonné de « l'hostilité affichée et l'entreprise de déstabilisation » menée à l'encontre des élus millonistes par le ministre des Transports, pour le maire du 2ème arrondissement, « c'est le projet qui fera émerger le leader ». « Et cela ne pourra marcher qui si l'on additionne toutes les forces de l'opposition », prévient Amaury Nardone. Il y a quinze jours, l'UMP annonçait son intention de « muscler » son opposition au maire de Lyon, le groupe UPL affiche à son tour sa volonté de renforcer son combat, Gérard Collomb va donc désormais se trouver au centre d'un feu nourri, mais de tirs croisés visant son action. Une situation qui comporte toujours le risque des balles perdues.
     
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