   
> Actualités Remy HANACHOWICZ : Vous détruisez l'esprit du Conseil Municipal des Jeunes
Avant d'entamer l'examen de ce rapport, permettez moi de remarquer avec satisfaction que les interventions faites par notre groupe au sein des Conseils d'arrondissement, peuvent parfois porter leur fruit.
En effet, nous nous réjouissons que vous ayez retiré la délibération n° 6775 portant approbation d'un règlement de concours pour la réalisation d'une affiche sur le Conseil de la Jeunesse, qui ne doit évidemment pas être confondu avec l'excellent Conseil municipal des Jeunes.
Il était vraiment curieux de nous demander de nous prononcer sur un règlement de concours de réalisation d'une affiche pour une structure qui n'existe pas, et dont la composition, les objectifs et les moyens ne sont même pas déterminés. Nos interventions en ce sens dans les différents conseils d'arrondissements vous ont amenés à retirer ce dossier, c'est une bonne chose.
Soyez certains également que nous serons vigilants, sur la forme comme sur le fond, si ce dossier devait être à nouveau soumis à notre vote.
Mais revenons au Conseil Municipal des Jeunes qui est l'objet de notre rapport.
Difficile de trouver un dossier plus consensuel que celui du Conseil municipal des Jeunes. Personne dans cette enceinte ne contestera l'efficacité et l'utilité de cette instance.
Il s'agit à la fois d'un outil à vocation pédagogique puisqu'il permet de former les futurs citoyens de demain. C'est également un moyen pour les jeunes de se saisir de problématiques qui ont, directement ou indirectement, un lien avec la gestion des affaires municipales.
Ce conseil est une véritable instance de consultation, de proposition et d'action politique, dont les membres sont, comme leurs aînés, partie prenante d'une démocratie représentative à laquelle notre groupe est profondément attaché.
L'histoire récente du Conseil Municipal de Jeunes démontre qu'il a été à l'origine de plusieurs projets sociaux, sportifs, culturels, humanitaires ou autres. Ces jeunes élus ont notamment été à l'origine, en 2001, de la proposition portant sur l'installation d'une patinoire éphémère à Lyon, patinoire que l'actuel exécutif municipal revendique, à juste titre d'ailleurs, comme un élément de son bilan.
Il nous faut poursuivre dans cette voie et souhaiter que les futurs élus du Conseil Municipal des Jeunes, les derniers de cette mandature, poursuivent la voie de leurs prédécesseurs avec le même dynamisme.
Par ce dossier, vous nous proposez de modifier
- Le règlement interne du CMJ
- Le règlement d'élection au Conseil Municipal de Jeunes.
-
1/ Le règlement interne ne pose pas en lui-même de difficulté, mais nous attirons votre attention sur son article 15 concernant le fonctionnement des commissions.
En effet, réduire à 3 le nombre des commissions nous apparaît insuffisant.
Pour une raison théorique : il y a un risque de ne pas permettre aux jeunes d'appréhender, dans le cadre de ces commissions, certains sujets qui pour telle ou telle raison pourrait les intéresser.
Pour une raison pratique également : 3 commissions et 73 élus, cela fait 25 membres par commission, ce qui est trop pour un travail de qualité. Nos propres commissions municipales ne comprennent, à titre de comparaison, jamais plus de 10 à 15 personnes.
Si l'on veut à la fois permettre aux jeunes élus de traiter tous les sujets dont ils se sentent concernés, et si nous voulons garantir un travail efficace et une complète implication de chaque jeune élu, il convient, nous semble-t-il, de modifier cette disposition et permettre au CMJ de créer, en début de mandat, 2 à 3 commissions supplémentaires dont les thématiques seraient arrêtées lors de la première séance plénière, le tout en accord avec le Maire de Lyon ou sonadjoint délégué à la jeunesse.
Sous cette réserve, ce règlement interne reçoit notre approbation.
2/ En revanche, tel n'est absolument pas le cas du règlement des élections.
Sous couvert d'objectifs louables ( meilleur représentation des différents publics scolaires) vous nous proposez un règlement d'élection qui est une véritable usine à gaz et demeurera aussi incompréhensible qu'impossible à mettre en oeuvre.
N'oubliez pas, Monsieur le Maire que « l'enfer est pavé de bonnes intentions »...
A cet égard nos critiques sont de 2 ordres et portent :
sur les restrictions apportées aux personnes pouvant être candidats,
sur le mode de scrutin adopté.
2.1. S'agissant des candidats.
En premier lieu nous notons que les élèves de seconde ne sont plus désormais éligibles au CMJ. Pour quelle raison ? Aucune explication n'est donnée dans le rapport. En outre, bien que nous ayons pu constater dans le passé que ces élèves sont plus difficilement mobilisables, leur représentation présentait l'atout considérable d'établir une passerelle entre deux âges, et entre deux institutions et assurait donc une meilleur représentation des décisions prises.
En second lieu, bien que le débat ait déjà eu lieu par le passé en commission, nous maintenons qu'il ne nous apparaît pas nécessaire de n'ouvrir le CMJ qu'aux jeunes domiciliés à Lyon. Les seuls critères qui doivent, à notre sens, être retenues sont ceux de la compétence et de la volonté : Un jeune qui étudie dans un collège ou un lycée lyonnais peut utilement considérer avoir les compétences pour travailler au sein du CMJ. L'obligation de domiciliation à Lyon doit donc être supprimée.
En troisième lieu, l'introduction de l' « adulte référent » n'est en l'état d'aucune utilité. Cette notion d' « adulte référent » n'est même pas définie : qui est-il ? s'agit-il d'un professeur, d'un membre de la famille ? autre? cette nouveauté est en l'état non seulement inutile mais présente en outre l'inconvénient de créer un écran entre les candidats et le corps électoral. Cette référence, faute d'éléments plus précis et dont l'utilité serait démontrée, doit être supprimée.
2.2. S'agissant du mode de scrutin.
Vous proposez aujourd'hui de saucissonner l'élection en 3 collèges de 54, 14 puis 5 sièges, et même à l'intérieur de chaque collège, il y a plusieurs subdivisions : ainsi pour le premier collège, les sièges seront répartis entre les arrondissements (6 chacun), entre les différents niveaux de classe (3 chacun), ainsi qu'entre les sexes (3 chacun).
Pour les autres collèges, nous ne rentrerons pas dans les détails, mais le mode de répartition sera encore plus compliqué, et de surcroît très subjectif.
La difficulté engendrée par ce mode de scrutin, c'est qu'au-delà de son côté extrêmement technique, il engendrera nécessairement des injustices. Avec un tel système électoral, il ne fait aucun doute que des candidats seront élus avec moins de voix que d'autres.
Vous n'empêcherez alors pas le légitime sentiment d'injustice de candidats malheureux. Plus grave, ce mode de scrutin pourrait discréditer les nouveaux élus et désintéresser les jeunes de cette instance.
L'amendement que nous déposons aujourd'hui n'a que pour but de corriger cette extrême complexité du mode de scrutin. Notre proposition est ainsi la suivante :
- d'une part d'organiser les élections au CMJ non pas dans les mairies d'arrondissement mais directement dans les collèges de notre ville. Les élections municipales sont des élections d'hyper-proximité : il doit en être de même pour les élections du CMJ et permettre aux jeunes de voter directement dans leur collège, les bureaux de vote étant directement tenus par les élèves sous la direction du chef d'établissement ou son délégué.
- En second lieu de simplifier le mode de scrutin et conserver le principe du scrutin uninominal à un tour. Nous accepterions néanmoins que le cadre de l'arrondissement soit maintenu ce qui permettrait d'assurer la représentation de nos quartiers et donc, des divers publics scolaires.
Notre vote sur ce rapport dépendra donc du sort réservé à l'amendement de simple bon sens que nous déposons aujourd'hui.
     
|