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> Bilan de mi-mandat La Gauche à Lyon : <br>6 constantes, 6 dérives
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Deux jours avant le premier tour des élections régionales et cantonales, Gérard Collomb, Maire de Lyon, a rendu public son bilan de mi-mandat généreusement intitulé "Lyon en mouvement".
Sur la forme, cette initiative était juridiquement illicite car elle faisait intervenir des moyens publics au bénéfice de candidats se réclamant de la majorité municipale. La faute a été relevée par de nombreux observateurs, y compris au sein de la gauche plurielle.
Sur le fond, le document - indigeste, diffus, verbeux, touffu - est manifestement destiné à marquer l'insuffisance, pour ne pas dire la vacuité, des actions engagées par l'actuelle municipalité. Il est naturellement du rôle de l'opposition - et le groupe présidé par Charles Millon "Unir Pour Lyon" constitue la première et la principale force de cette opposition - de porter un jugement sur l'action conduite par la majorité après trois années d'exercice du pouvoir.
Le constat que nous sommes amenés à dresser peut paraître sévère. Cependant, nous nous sommes efforcés de rester dans une logique d'analyse objective de la situation en nous référant notamment aux engagements pris par le Maire lors de la campagne de mars 2001. Dans le même esprit, nous avons mis en parallèle les grands axes de notre "projet pour Lyon" que nous avions défendu devant les Lyonnais. Au fil des chapitres, des appréciations sont portées sur chacun des grands secteurs d'intervention de la ville : l'éducation, la petite enfance, le logement, la santé, les personnes âgées, la tranquillité publique, la propreté, le rayonnement international, le tourisme, le développement économique, la culture, le sport, l'urbanisme, les transports, le stationnement, les finances, le personnel, la démocratie interne...
Mais au-delà de cette ventilation par grands thèmes, il est possible de caractériser l'action de la municipalité à travers un certain nombre de constantes qui imprègnent toutes les décisions et tous les comportements.
UNE VOLONTÉ DE TOUT CENTRALISER ET DE TOUT CONTRÔLER
La première de ces caractéristiques, exemple emblématique d'une gestion idéologique de notre Ville, c'est la volonté de tout centraliser, de tout contrôler. Ainsi, aucune marge de manoeuvre supplémentaire n'a été dégagée au profit des arrondissements. Nous avions privilégié une décentralisation maximale des compétences car nous sommes attachés au respect du principe de subsidiarité et convaincus que les décisions prises au plus près du terrain sont à la fois moins coûteuses et plus efficaces.
Cette volonté centralisatrice entrave l'esprit d'initiative, décourage ceux qui souhaitent s'engager en faveur du lien social et restreint la liberté de choix des Lyonnais. Par exemple, la mise en place du contrat éducatif local (c'est-à-dire la prise en main de l'éducation de nos enfants) est pénalisante pour les associations existantes et génératrice de dépenses supplémentaires pour le budget communal.
L'ABSENCE DE RIGUEUR DANS LA GESTION DES FINANCES PUBLIQUES
La deuxième caractéristique réside dans l'absence de rigueur dans la gestion des finances publiques communales. Après avoir augmenté les impôts de 5% en 2002, contrairement à ses engagements électoraux, l'exécutif municipal n'a pas eu le courage de se lancer avec détermination dans une politique rigoureuse de réduction des dépenses de fonctionnement. Si elle veut respecter intégralement son plan de mandat, la majorité sera contrainte, soit de procéder à une nouvelle hausse de la fiscalité, soit de vendre une part importante du patrimoine immobilier de la ville. Dans tous les cas de figure, le laxisme financier de la municipalité annonce des exercices budgétaires difficiles pour les mandats à venir.
UN GOÛT IMMODÉRÉ POUR LA COMMUNICATION
La troisième caractéristique de la politique municipale tient dans un goût immodéré pour la communication. D'une façon générale, l'hyper-médiatisation de notre société fait que la forme a pris le pas sur le fond, l'accessoire sur l'essentiel, le paraître sur l'être. Faire un coup médiatique en recherchant un effet d'annonce maximum : c'est aujourd'hui l'objectif essentiel d'un certain nombre de responsables politiques. A Lyon, cette dérive est particulièrement marquée. Ainsi, s'agissant de la question des crèches, des campagnes de communication répétées nous indiquent à tort que jamais auparavant une municipalité n'avait créé autant de berceaux. La vérité, incontestable, c'est qu'il n'y a jamais eu autant de demandes de places non satisfaites qu'aujourd'hui. Les autres exemples sont nombreux comme l'annonce de l'arrivée d'un hôtel Hyatt sur le site de l'Hôtel-Dieu (pour mémoire, disponible seulement en 2008 !) pour faire oublier la décision de Marriott de ne pas investir à la Cité Internationale...
LE MANQUE D'AMBITION ET L'ABSENCE DE VISION À LONG TERME
Le quatrième élément qui caractérise l'action du maire de Lyon, c'est le manque d'ambition et de vision à long terme. A notre sens, en terme d'aménagement du territoire, rien de significatif n'est entrepris pour asseoir la vocation de Lyon à devenir une grande métropole de dimension européenne. Un tel enjeu, à l'évidence, nécessite une volonté politique susceptible de mobiliser l'ensemble des collectivités territoriales partenaires (région, départements, réseau des villes...) et inciter l'Etat à s'engager plus résolument dans le financement des grandes infrastructures de transport et des grands équipements collectifs structurants.
UNE PROPENSION À SE DÉCHARGER SUR LES AUTRES DE SES PROPRES RESPONSABILITÉS
La cinquième caractéristique du comportement de la majorité municipale, c'est la propension à se décharger sur les autres de ses propres responsabilités. Nous souhaitons que le Maire de Lyon prenne en compte toute la dimension de sa fonction et cesse de faire systématiquement grief au gouvernement des échecs de sa politique. De la même façon, il n'est pas sain d'éluder un certain nombre de difficultés en laissant entendre que des responsabilités sont à rechercher du côté d'autres collectivités territoriales. Une ville de la taille de Lyon se doit de s'imposer et d'imposer à ses partenaires une coopération utile et efficace. C'est à cette condition qu'elle sera une ville majeure.
UNE TENDANCE À RÉDUIRE LE DÉBAT DÉMOCRATIQUE
La sixième caractéristique de l'attitude du Maire de Lyon, c'est une certaine tendance à réduire le débat démocratique. Au-delà des discours officiels visant à valoriser les notions de concertation, de débat dit citoyen, de démocratie participative, force est de reconnaître que l'opposition municipale éprouve de réelles difficultés à se faire entendre dans les instances officielles. Le caractère restrictif du règlement intérieur du conseil municipal ne permet pas, par exemple, d'instaurer de véritables débats, de nature à informer véritablement les Lyonnais. Un certain nombre de dispositions de la loi relative à la démocratie de proximité ne sont pas complètement appliquées : droit d'expression de l'opposition dans les moyens d'information de la Mairie, droit à la formation des élus... Par ailleurs, il est patent que l'exécutif municipal manque fréquemment de rigueur dans l'application de la législation relative au fonctionnement des collectivités.
     
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