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Intervention d'Erick Roux de Bezieux


Délibération 2007-4458 – Convention avec le Congrès interprofessionnel de l’art contemporain (CIPAC) – Conseil du Grand Lyon du 15 octobre 2007

 

Monsieur le Président, mes chers collègues,

 

Je me suis plongé ce week-end dans les minutes de son dernier congrès, qui s’est déroulé en 2003 à Metz. Notre ami Georges Verney-Carron, à qui l’on doit la réussite de Lyon Dock Art Fair, y était d’ailleurs intervenu sur le thème de l’économie de la culture en Europe.

Nous sommes favorable à la tenue de ce congrès à Lyon, et aux retombées médiatiques promises dans ce rapport.

Cependant, permettez-moi une fois encore, Monsieur le Président, de regretter le manque d’information des élus sur ce dossier. Et, oserais-je dire, la légèreté avec laquelle vous traitez les élus de votre opposition.

Lorsque j’ai demandé des compléments d’information, il a été répondu à notre collaboratrice de groupe : "vous n’avez qu’à aller sur le site du Cipac !" Heureusement, j’ai la souris facile et je n’attends pas votre bon vouloir, ou celui des services, pour trouver l’information. Mais vous avouerez que c’est un peu cavalier.

D’autant que mes interrogations légitimes sur la partie budgétaire n’ont pas été levées. En effet, le Grand Lyon finance 24% de ce congrès. Et la totalité des subventions, Etat, Région, Grand Lyon avoisine les 67% du budget. Ce qui me semble beaucoup. J’aurais aimé savoir si cette ventilation avait déjà court à Metz, et dans les congrès précédents. Et si les retombées promises étaient au rendez-vous. Mais point de réponses sur le site du Cipac. Hélas. Ce soir peut être… Je compte sur vous.

Le Cipac a choisi Lyon afin de coupler son congrès, placé sous le thème de "L’art doit-il faire événement", avec la Biennale d’Art Contemporain.

L’art doit-il faire événement ? Un bon thème, d’actualité, lorsqu’on lit la presse parisienne bien pensante, Libération, Le Monde, Télérama, qui semble s’acharner sur notre biennale. Jalousie d’une élite parisienne, déçue de constater que la province peut sortir du lot ? Pourquoi pas. Mais l’explication est insuffisante.

Je lisais Le Progrès de ce matin. Le traditionnel micro-trottoir était clair : "Tout est bizarre, les œuvres sont vraiment spéciales, on n’y comprend pas grand-chose, et on se sent exclu", affirmaient deux étudiantes.

Le Monde : "Si aucun thème, aucune esthétique, aucune invention ne se dégagent, une tonalité s’impose, celle du déjà-vu. (…) A mesure que l’on passe d’un lieu à l’autre, l’ennui ne cesse de s’appesantir. On attend une idée neuve, au moins l’esquisse d’une singularité. Mais non : des discours bavards et prétentieux prétendent justifier des dispositifs simplistes et déjà cent fois employés.

Et c’est là où le bât blesse. Car à part quelques amateurs enthousiastes et curieux, l’impression générale est celle d’un public dérouté par l’hermétisme de la plupart des œuvres, et l’absence d’explications."

L’Express : "On retient surtout, au final, l’insignifiance, parfois grandiloquente, des propositions artistiques, proportionnelle à la prétention de la « règle du jeu »."

Heureusement, Le Figaro, ironie du sort, nous couvre de louanges. Et le Financial Times.

 

Alors, faut-il s’alarmer comme je l’ai entendu ça et là sur les bancs de nos hémicycles. Ou au travers des courriers reçus dans les mairies d’arrondissement. Je ne le crois pas.

Thierry Raspail, le patron de la Biennale, me confiait ce week-end place des Terreaux lors de la visite de Veduta, “Je comprends les critiques et je les assume. C’est une Biennale, pas un musée, et je n’y ferais pas ce que je fais au Musée d’art contemporain de Lyon. Face aux 130 biennales organisées dans le monde, une par semaine, nous revendiquons une différence, celle de déranger. Nous avons voulu, avec cette Biennale, contraindre artistes et commissaires à penser la décennie. C’est-à-dire rendre des comptes au futur."

 

Personnellement, la dernière Biennale qui m’a ému était en 2000, à la Halle Tony Garnier. Depuis, j’ai été surpris, décontenancé, intrigué, fâché… par les biennales successives Des émotions certes, mais pas forcément de plaisir.

Faut-il pour autant aller plus loin dans la critique ? J’ai entendu des élus souhaiter que l’on remette tout à plat. Que l’on tire des conséquences d’un échec annoncé. Que l'on mette à mal un édifice patiemment construit.

Je souhaite dire ce soir que mon groupe renouvelle, et de façon publique, toute sa confiance à Thierry Raspail.

 

A l’heure où chacun sur ces bancs peaufine son futur programme. A l’heure où chacun sur ces bancs, s’agissant de rayonnement international, imagine les couleurs du Lyon de demain. Il convient, à mon sens, de ne pas négliger la dimension artistique de Lyon. Car enfin, les grandes villes du monde ont su capitaliser sur une dominante culturelle. Bilbao, qui fête actuellement les 10 ans du musée Guggenheim, en sait quelque chose…

A Lyon, nous avons la chance d’avoir une filière complète dans le domaine de l’art. Un Palais Saint Pierre, qui figure dans le top 10 européen, le Musée d’Art Contemporain, l’Institut d’Art Contemporain de Villeurbanne, des galeries, allant de l’institutionnelle à l’expérimentale, des artistes, des critiques, certains agissants comme Alain Vollerin, et un marché, soutenu par des collectionneurs.

La première édition de Dock Art Fair a démontré aux esprits chagrins que Lyon, par sa position en Europe, pouvait attirer ces collectionneurs. Lorsque j’étais adjoint à la culture du 6è arrondissement, mes expositions organisées avec Pierre Montheillet, Jean-Michel Cierniewski, Hilary Dymond, Christian Lignais ou Marques m’avaient démontré qu’il existait un marché. Car les ventes étaient systématiquement au rendez-vous.

Cette filière de l'art, c’est une chance. D’autant qu’elle a une bannière au travers de la Biennale. Lyon a une couleur, à nous de savoir la mettre en valeur…







Intervention d'Erick Roux de Bezieux
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